L'ultime interview de Jean Boulbet (Henri Maitre et l’identité ethnique des Proto-Indochinois) - 2004

Film de Pierre Le Roux et Peter Livermore, durée 22,54 mn, production SevenOrients (7orients.com), 2004

L'ultime interview de Jean Boulbet (Henri Maitre et l’identité ethnique des Proto-Indochinois)

L'ultime interview de Jean Boulbet (l’explorateur Henri Maitre et l’identité ethnique des Proto-Indochinois), film de Pierre Le Roux et Peter Livermore, Betacam SP 4/3, couleur, durée 22,54 mn, production SevenOrients (7orients.com), numérisé avec l'aide d'Hervé Manac'h, photos et cartes de Jean Boulbet, transcription de Pierre Le Roux, sous-titrage de Bryan Nemec Nieruchalski.

Biographie de Jean Boulbet

Jean Boulbet (1926-2007) était un ethnologue, archéologue, botaniste et géographe français, natif de l'Aude à la frontière de l'Ariège. Résistant dès l'âge de 15 ans, il s'engagea à 18 ans en 1944 pour les campagnes de France et d’Allemagne puis il fut volontaire en 1945 pour poursuivre le combat dans le Pacifique, avec le général Leclerc. Démobilisé en Indochine à la fin de la Seconde Guerre mondiale, il devint planteur de thé au sud du Vietnam, dans la région des Hauts Plateaux. Il en entama de concert l'exploration géographique et l'ethnographie, pendant seize ans, des Cau Maa’ et autres Proto-Indochinois, habitants autochtones de cette région d'Asie du Sud-Est. En 1963, il rejoignit l’Ecole française d’Extrême-Orient, à la Conservation d’Angkor de Siem Reap, au Cambodge, comme membre scientifique de l'EFEO et au titre de conservateur du Phnom Kulen et de responsable du Parc forestier d'Angkor. Il reprit alors ses études interrompues par la guerre et fut bientôt licencié en géographie de l'université de Phnom Penh puis diplômé en ethnologie de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes VIe section (directeur : Georges Condominas, rapporteur : Claude Lévi-Strauss). Il fut collaborateur de l'Institut pour l'établissement de la Carte internationale du Tapis végétal et des conditions écologiques au 1/1 000 000 de Toulouse et de l'International Interim Committee for co-ordination of investigations of the Lower Mekong Basin pour l'étude de la couverture forestière au Laos et en Thaïlande du nord-est dans les années 1970. Il coopéra aussi avec le Centre national d’études spatiales français et l'Asian Institute of Technology de Bangkok pour l’exploitation cartographique d'images satellite Spot de Thaïlande du Sud. Expert près de l’UNESCO à Angkor au Cambodge, en 1970 et à nouveau en 1983, il sauva des réfugiés khmers et européens et les sites, durant l’époque khmère rouge. Il fut fait chevalier de la Légion d'honneur à titre exceptionnel pour cette raison. Fondateur de l’Alliance française de Phuket (Thaïlande) dans les années 1980, il devint le premier consul de France honoraire de Phuket, après sa retraite comme chercheur. Jean Boulbet arpenta quarante ans les forêts d’Asie du Sud-Est qu'il connaissait intimement : il dressa la carte de la couverture forestière de l'Asie du Sud-Est, en 1984 et contribua à la création en Thaïlande de parcs naturels et de réserves animales. Il entreprit des incursions scientifiques comparatives à Bornéo, Sumatra et Sulawesi en Indonésie, jusqu’en Amazonie (Brésil, Guyane) et en Afrique centrale (Côte d’Ivoire, Cameroun, Tchad). Il découvrit de nouvelles espèces végétales et une vingtaine de sites pariétaux préhistoriques importants en Thaïlande du Sud (années 1980), un lithophone préhistorique au Vietnam et une vingtaine de sites archéologiques au Cambodge dans les années 1960, dont, en 1968, Kbal Spean, la célèbre « Rivière aux Mille linga » (Phnom Kulen, Angkor) où ses cendres ont été dispersées peu après sa disparition le 11 février 2007. 

Résumé du film

Dans cet entretien Jean Boulbet évoque l'identité culturelle des Proto-Indochinois du Vietnam qui se nomment eux-mêmes les « Fils d'Homme » (Kon Cau en langues maa’, stieng, churu et cil), par rapport au reste de l'humanité. Et il parle de l'identité du sous-groupe particulier des Cau Maa’ qui se nomment eux-mêmes les « Hommes authentiques » (Cau Maa' en langue maa’) pour se différencier des autres « Fils d'Homme ». Puis il évoque Henri Maitre, explorateur de cette région au début du XXe siècle, auteur de l'impérissable chef-d'œuvre Les Jungles Moï (1912, pour le lire gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt...) et qui mourut assassiné par des Mnong à la fin juillet 1914. Le seul territoire qui résista à l'intrusion de Maitre et que celui-ci ne put pénétrer fut justement celui des Cau Maa' de la boucle du fleuve Donnaï. Enfin, Jean Boulbet parle de son propre parcours et de son premier contact avec les Cau Maa’, à l'époque encore insoumis,au début des années 1950. Lors de cet entretien, sa dernière interview, Jean Boulbet avait du mal à s’exprimer, atteint d’un cancer du larynx. Quelques semaines après cet entretien, il subit une laryngectomie.


Pour en savoir plus : Jean Boulbet, De Palmes et d'épines, 2002, tome I, Vers le Domaine des génies (Pays maa’. Sud Vietnam, 1947-1963), 345 p., 3 cartes, 32 pl. photo NB ; 2003, tome II, Vers le paradis d'Indra (Cambodge, 1963-1975), 223 p., cartes, 32 pl. photo NB ; 2009, tome III, Vers le port d’attache (Phuket, sud de la Thaïlande, 1975-2007), 214 p., cartes, 32 pl. photo NB, Paris, SevenOrients (distribution tautem.fr/produit/de-palmes-e...)