Nouvelle parution - Nomadic Peoples (vol. 30 n. 1)

Numéro thématique de la revue Nomadic Peoples dirigé par Giordano Marmone (Unistra) et Kelly Askew (University of Michigan).

Titre : Collective Rights to Land and Resources: An Institutionalist Perspective on Pastoralism in Africa

 

Tous les articles du numéro spécial sont disponibles en open access à l'adresse www.liverpooluniversitypress.co.uk/toc/whpnp/30/1

 

EN:

The topic of the collective rights of nomadic, semi-nomadic and transhumant pastoral peoples has been stimulating anthropological reflection for decades on issues as diverse but interrelated as the relationship between mobility and nation-state-building processes (Schlee 2012), the territoriality of power (Ciavolella 2015), the production of political representation at regional and national levels, citizenship or access to resources (such as water sources, pastures, salt licks) and land (Gabbert et al. 2021). The study of these phenomena has become even more urgent because of the increasingly visible effects of global warming, which disproportionately affects pastoral nomadic communities, particularly in sub-Saharan Africa. These populations, which have always been located in territories characterised by unpredictable climatic conditions, now face compounded challenges that call into question the survival of their socio-economic systems and prompt new adaptations (Scoones 2023a, 2023b). As Günter Schlee and Abdullahi Shongolo (2012) pointed out more than a decade ago, pastoralism in Africa will never completely disappear, quite simply because, in arid and semi-arid regions of the continent, agriculture is often not viable and employment in the service sector is scarce or nonexistent. What needs to be asked today, then, is how nomadic pastoralists manage to reproduce their mobile lifestyle based on livestock rearing and, on the other hand, what strategies are implemented by regional, national, and international institutions to facilitate or, on the contrary, to reduce their autonomy and mobility.

Together, these studies highlight the ways in which pastoralists actively reinterpret and recompose the institutional orders that become entangled in new configurations within their lands, challenging linear narratives of modernisation and dependency. By tracing these plural and creative appropriations of power, this issue seeks to reframe pastoralism as a dynamic arena of institutional innovation and reconfiguration in contemporary Africa.

 

FR:

Le thème des droits collectifs des peuples pastoraux nomades, semi-nomades et transhumants nourrit depuis des décennies la réflexion anthropologique sur des questions aussi diverses qu’interconnectées, telles que la relation entre mobilité et processus de construction de l’État-nation (Schlee 2012), la territorialité du pouvoir (Ciavolella 2015), la production de la représentation politique aux niveaux régional et national, la citoyenneté ou encore l’accès aux ressources (comme les points d’eau, les pâturages, les salines) et à la terre (Gabbert et al. 2021). L’étude de ces phénomènes est devenue d’autant plus urgente que les effets du réchauffement climatique, de plus en plus visibles, affectent de manière disproportionnée les communautés pastorales nomades, en particulier en Afrique subsaharienne. Ces populations, historiquement établies dans des territoires caractérisés par des conditions climatiques imprévisibles, font désormais face à des défis cumulés qui remettent en question la survie de leurs systèmes socio-économiques et appellent de nouvelles formes d’adaptation (Scoones 2023a, 2023b). Comme l’ont souligné Günter Schlee et Abdullahi Shongolo (2012) il y a plus d’une décennie, le pastoralisme en Afrique ne disparaîtra jamais complètement, tout simplement parce que, dans les régions arides et semi-arides du continent, l’agriculture est souvent peu viable et les emplois dans le secteur des services sont rares, voire inexistants. La question qui se pose aujourd’hui est donc de savoir comment les pasteurs nomades parviennent à reproduire leur mode de vie mobile fondé sur l’élevage, et, d’autre part, quelles stratégies sont mises en œuvre par les institutions régionales, nationales et internationales pour favoriser — ou au contraire restreindre — leur autonomie et leur mobilité.

Dans leur ensemble, ces travaux mettent en lumière les manières dont les pasteurs réinterprètent activement et recomposent les ordres institutionnels qui s’entrelacent dans de nouvelles configurations au sein de leurs territoires, remettant en question les narrations de modernisation et de dépendance. En retraçant ces appropriations plurielles et créatives du pouvoir, ce numéro propose de reconfigurer l’analyse du pastoralisme en le considérant comme un espace dynamique d’innovation et de recomposition institutionnelles dans l’Afrique contemporaine.