Programme du séminaire d’anthropologie diachronique (ethnologie et archéologie)
université de Strasbourg, université Paul Valéry-Montpellier 3, CNRS, Société languedocienne de préhistoire
sous la direction de
Pierre Le Roux (ethnologue, professeur à l’université de Strasbourg, membre du SAGE, UMR 7363 CNRS & univ. de Strasbourg)
et Luc Jallot (archéologue, maître de conférences HDR, e. r., univ. Paul Valéry-Montpellier 3, Société languedocienne de préhistoire)
Thème de l’année 2026-2027
COMMENSALITÉ ET CONNIVENCE HOMMES-ANIMAUX.
Coopération bilatérale depuis la nuit des temps
dédié à Dian Fossey, Jane Goodall et Biruté Galdikas (primatologues)
Comité d’organisation
Florent Jodry (INRAP, ARCHIMEDE), Matthieu Michler (INRAP, ARCHIMEDE), Bernard Sellato (CNRS, CASE)
Institutions participantes
SAGE (UMR 7363 CNRS & univ. de Strasbourg), Archéologie des sociétés méditerranéennes (UMR 5140 CNRS & université Paul Valéry-Montpellier 3), ARCHIMEDE (UMR 7044 CNRS & université de Strasbourg), INRAP-Grand Est, Société languedocienne de préhistoire (SLP), Maison interuniversitaire des sciences de l’Homme en Alsace (MISHA)
avec la participation des entreprises « 2N Pet Foods International »
et « Taste of the Wild (croquettes premium sans céréales pour chiens et chats) »
Séminaire d’enseignement et de recherche de niveau doctorat et master ouvert aux doctorants de l’ED 519 « Sciences humaines et sociales », aux étudiants de licence et au public cultivé sur acceptation des organisateurs
Séminaire hybride en présence, salle Asie 215 de la MISHA, Esplanade, université de Strasbourg et, à distance, via BBB (https://bbb.unistra.fr/b/pie-pzw-qrj-ohy).
24 h en 8 séances de 3h + 1 séance de clôture – le mercredi – 14h-17h30 (pause incluse)
Séance 1 : 3 février 2027 ; Séance 2 : 10 février ; Séance 3 : 17 février ; Séance 4 : 10 mars ; Séance 5 : 17 mars ; Séance 6 : 24 mars ; Séance 7 : 31 mars ; Séance 8 : 7 avril ; Séance 9 : 14 avril 2027
Présentation
Les animaux aiment, les animaux souffrent, les animaux broutent, dévorent ou picorent, les animaux élèvent, vivent et meurent. Comme nous, en quelque sorte. C’est ce que disent les contes de loups et de renards, les légendes de licorne, les films d’animation, les religions qui ne sont pas du livre (Maurice Genevoix, 1968, Le Roman de Renart, Paris, Plon ; Denis-Michel Boëll, Jacqueline Christophe, Régis Meyran, dir., 2018, Du Folklore à l’ethnologie, Paris, Éd. de la Maison des Sciences de l’Homme ; Sylvie Lefèvre dir., 2025, Le Roman de Renart, Paris, Folio ; Jean-Loïc Le Quellec dir., 2026, Dictionnaire critique des contes, Paris, CNRS Éd.). Ils nous éclairent sur un univers de connivences. Connivences souvent taxées d’anthropomorphisme, mais pouvons-nous penser le monde sans que nos idées traversent notre soi ? La perspective est d’autant plus saisissante pour le préhistorien que les vestiges osseux si bien répertoriés et identifiés ne livrent rien de cette intimité, à part une proximité physique, sinon dans la mort (Patrice Méniel, 2008, Manuel d’archéozoologie funéraire et sacrificielle. Âge du Fer, Paris, Infolio Éd.). Les empreintes séculaires de sabots imprimées dans le sol des plages de Vendée ou les aménagements destinés aux animaux, parcs, bergeries, terrains de parcours, témoignent de ce que put être cette connaissance intime des autres vivants (François Soleilhavoup, 1998, « Images chamaniques dans l’art préhistorique du Sahara », Anthropologie, 36 (3), p. 201-224). Il existe bien une inter-spécificité dont on aimerait connaître la nature autrement qu’en contemplant les images de dieux mi-hommes, mi-bêtes. Du début de l’art paléolithique jusqu’aux grandes civilisations vivantes, les théranthropes posent l’évidence d’une fusion (Harald Floss, 2015, « Le plus ancien art mobilier : les statuettes aurignaciennes en ivoire du Jura souabe (sud-ouest de l’Allemagne) », Palethnologie, en ligne, 7, https://doi.org/10.4000/palethnologie.885). On se doute bien qu’à un moment donné, lors du passage de l’apprivoisement à la domestication, il y a environ 11 000 ans, dans le premier foyer de néolithisation, et 4000 ans plus tard dans notre pays, un processus de cette ampleur dut changer la commensalité humain-animal (Jean-Paul Demoule dir., 2010, La Révolution néolithique dans le monde, Paris, CNRS Éd.). Mais selon quel rythme ? Fut-il assez rapide pour être distingué et produire le sentiment d’une de rupture ? Ou le processus fut-il tellement étiré dans le temps que les acteurs de la révolution néolithique eurent à peine conscience que s’imposait une nouvelle phénoménologie du vivant ? (Jean-Denis Vigne, 2024, La Domestication à l’œil nu, Paris, CNRS Éd.). Nous n’avons pas de textes qui nous racontent cette histoire, mais nous avons des images : les fastueuses fresques animalières de Lascaux, Chauvet ou Marsoulas (Marc Azéma, 2006, Marsoulas, la grotte oubliée, film documentaire, Passé Simple, France 3 Sud, Parc de la Préhistoire de Trascon-sur-Ariège, Région Midi-Pyrénées, CNRS Images). Un cortège d’images plus ou moins réalistes flottant dans une nuit sans jour en déroulant sur les parois des cavernes le plus ancien zoo pictural de l’humanité. Certains y voient un récit, d’autres une pensée mythique, l’expression d’une religion, une grammaire de signes (Annette Laming-Emperaire, La Signification de l’art rupestre paléolithique. Méthode et applications, Paris, A. & J. Picard, 1962 ; André Leroi-Gourhan, Brigitte Delluc, Gilles Delluc dir., 1995, Préhistoire de l’art occidental, Paris, Citadelles & Mazenod ; Jean Clottes & David Lewis-Williams, 1996, Les Chamanes de la préhistoire. Transe et magie dans les grottes ornées, Paris, Seuil ; Alain Testart, 2016, Art et religion de Chauvet à Lascaux, Paris, Gallimard ; Emmanuel Guy, 2017, Ce que l’art préhistorique dit de nos origines, Paris, Flammarion ; Michel Lorblanchet, 2020, Naissance de la vie. Une lecture de l’art pariétal, Rodez, Le Rouergue). Nous y voyons à coup sûr l’animal unique privé de compagnie humaine. Peut-être évitement de l’homme tueur d’animaux aux exceptions près faites de figurines solitaires et muettes ou de portraits saisissants gravés dans la roche de plaquettes de grés (Léon Pales & col. Marie Tassin de Saint-Péreuse, 1976, Les Gravures de la Marche, tome 2, Les Humains, Paris, Ophrys). Mais cet animal parle toujours de nous, de nos gestes de peintre, de connivence magique, d’ontologies oubliées. Trois têtes de chevaux sculptées dans un bois de cerf magnifiant le passage de la vie à la mort. Exemple d’une pensée humaine dans un destin animal ? (Musée des antiquités nationales, 2026, « Notice. Le bâton aux chevaux », https://pop.culture. gouv.fr/notice/joconde/ 50010008053). Le Mésolithique brouille les pistes à l’aurore du grand chambardement climatique holocène, rayant la figure animale de traits furieux et ne laissant subsister que la géométrie des signes (Olivier Kayser, 1988, « Nouveaux objets décorés du Mésolithique armoricain », Bulletin de la Société préhistorique française, 85 (2), p. 45-47). Mais lorsque s’annonce le temps des agriculteurs les choses changent : l’animal, de figuratif devient schématique, et l’ancien désert humain se peuple de scènes de la vie quotidienne. La figure animale emblème des temps de glace devient troupeau, scènes de chasse ou apparitions de vaches, moutons, chèvres multipliés à l’envi (Jean-Dominique Lajoux, 1962, Les Merveilles du Tassili N’Ajjer, Paris, Éd. du Chêne ; Henri Lhote, 1992, À la découverte des fresques du Tassili, Paris, Arthaud ; Jean-Loïc Le Quellec, 1998, Art rupestre et préhistorique du Sahara, Paris, Payot). Parfois, le cochon orne des peignes d’ivoire, le cerf est chassé, l’animal-monstre est dévoreur de cadavres. La vache sacrée et ses compagnons humains ou le cueilleur de miel entouré du vol des abeilles illustrent une présence qui n’est plus seulement celle des convenances métaphysiques (Mélanie Roffet-Salque, Martine Regert, Richard P. Evershed, Alan K. Outran, Lydia Zapata-Peña, dir., 2015, « Widespread exploitation of the honeybee by early Neolithic farmers”, Nature, 527 (7577), p. 226‑230). Mêlés à la foule humaine, l’un et l’autre deviennent motifs indissociables d’une nouvelle peinture du monde. Ce passage distendu entre millénaires a-t-il une signification tissant une connivence ? Dans ce cas, où se situe l’acceptation de l’autre ? L’archéologue a au moins le droit de sortir de sa zone de confort et d’en penser le scénario sur les débris des mondes perdus...
Le sujet de la commensalité hommes-animaux peut aujourd’hui être considéré comme un véritable champ d’étude en archéologie. Les recherches archéologiques consacrées aux relations entre les sociétés humaines et les animaux ont connu un profond renouvellement au cours des dernières décennies. Les thèmes privilégiés traditionnellement portaient sur les questions de domestication, d’élevage ou d’exploitation économique des ressources animales, tandis que, plus récemment, les multiples formes de coexistence impliquant humains et non-humains sont désormais mises en avant. L’accent étant mis sur le partage entre espèces d’un même environnement, de ressources alimentaires, d’espaces de vie et d’interactions sociales, on cherche à découvrir les modalités concrètes de la cohabitation entre humains et animaux, ainsi que les dimensions sociales, économiques, symboliques et affectives qui caractérisent ces relations. On aborde aujourd’hui ces interactions par des approches méthodologiques diversifiées. Les analyses archéozoologiques sont complétées par celles de la paléo-pathologie, par les analyses isotopiques, par la recherche de l’ADN ancien, ainsi que par la morphométrie géométrique, la paléo-génomique et l’analyse spatiale des habitats et contextes funéraires. Ces outils permettent de documenter les régimes alimentaires, déplacements, pratiques d’élevage, processus de domestication et les formes de proximité quotidienne entre humains et animaux. Les données archéologiques montrent que cette proximité revêt des formes très diverses selon les périodes et les contextes culturels. Certaines espèces, dites « commensales » – telles les souris (Mus musculus), les rats (Rattus spp.), les moineaux ou les pigeons – se sont progressivement adaptées aux milieux anthropisés en profitant des ressources produites par les activités humaines. Par déduction, leur présence sur les sites archéologiques constitue aujourd’hui un précieux indicateur de l’évolution des habitats, des pratiques agricoles et du stockage des denrées. D’autres espèces ont entretenu avec les sociétés humaines des relations beaucoup plus étroites, fondées sur une coopération durable. Le chien représente sans doute l’exemple le plus ancien et le mieux documenté. Cette proximité est encore plus prégnante dans la mort. Des analyses isotopiques ont montré une alimentation du chien très proche de celle de l’homme. De même, les soins apportés par les hommes aux animaux dépassent parfois le cadre simplement utilitaire et suggèrent une véritable empathie de l’homme pour nos congénères. Dans les sociétés anciennes, les animaux n’étaient pas de simples ressources économiques mais des acteurs-clés de la culture et de la hiérarchie sociale. À travers les pratiques funéraires (offrandes, sacrifices) et le rôle attribué à certains animaux tels le cheval et le chien comme symboles de prestige, les animaux participaient pleinement de l’identité et des systèmes de représentation des communautés humaines. Le thème du séminaire de cette année offre un cadre particulièrement fécond permettant de dépasser l’opposition classique entre nature et culture.
D’un point de vue anthropologique, depuis l’aube des temps, et il est difficile d’être précis en ce domaine, quels que soient le lieu et la société considérés, l’homme a cherché à apprivoiser et domestiquer certains animaux ; la plupart relevant des mammifères mais certains, moins nombreux, appartiennent à d’autres classes de vertébrés comme celle des oiseaux, en particulier les Columbiformes (colombes, pigeons...), Falconiformes (faucons) et Accipitriformes (rapaces diurnes comme aigles, vautours, buses et éperviers), voire les Suliformes, notamment les Phalacrocoracidae (cormorans) qui aident l’homme depuis des siècles à pêcher en Chine et au Japon (Jean Dorst, 1995, Les Oiseaux ne sont pas tombés du Ciel, Paris, Jean-Pierre de Monza). Parmi ces animaux particuliers amenés à vivre de longue date au contact direct de l’homme, domestiques et parfois sauvages mais plus ou moins apprivoisés – on pense aux perruches, perroquets, tourterelles présents dans la maison, évidemment aux pigeons voyageurs, mais aussi aux corneilles et corbeaux vivant près des hommes et subsistant de leurs restes – on pourrait compter bien sûr tous ceux destinés à nourrir régulièrement les sociétés humaines ainsi que tous ceux, uniquement domestiques, utilisés comme offrandes sacrificielles (volailles, cochons, caprins, ovins, bovins, équidés...). Cependant, le thème retenu cette année s’intéresse à une autre manière de considérer les relations étroites ayant existé et existant entre certains animaux et l’homme. Il s’agit d’un véritable rapport de coopération et même d’entraide, qui n’exclut pas en outre des rapports affectifs et esthétiques, entre des animaux au service premier des hommes, en échange, pour les premiers, de nourriture et de protection (Pierre Kropotkine alias Petr Alekseevič Kropotkin, 1906, L’Entr’aide, un facteur de l’évolution, rééd. 2018, Paris, Hachette/BNF). Cela n’exclut pas pour autant la possibilité pour les animaux concernés, selon les époques et les sociétés humaines, de servir éventuellement à l’homme de nourriture ou d’offrande, à la fin d’une vie ou d’une période de coopération reconnue et souvent magnifiée dans les traditions humaines. On pense, là, particulièrement aux bœufs et aux buffles d’eau, de rizière ou de rivière, qui servirent des millénaires durant d’animaux essentiels de bât, transport et labour (André-Georges Haudricourt & Mariel Jean-Brunhes Delamarre, 1955, L’Homme et la charrue à travers le monde, Paris, Gallimard), mais aussi et d’abord aux chevaux connus comme étant – avec les chiens – la plus noble conquête de l’homme, aux ânes et mulets, aux chameaux et dromadaires d’Asie centrale, du Proche- et Moyen-Orient et d’Afrique saharienne, maintenant aussi d’Australie (Jean-Pierre Digard & Bernard Denis dir., 2019, Histoire et actualité des Camélidés d’Afrique et d’Asie, Paris, Société d’Ethnozootechnie), ou aux éléphants capturés et domestiqués comme ceux d’Asie méridionale et d’Asie du Sud-Est, voire d’Afrique si l’on songe aux éléphants de bât et de guerre carthaginois (Nicolas Lainé 2020, Living and working with giants. A Multispecies Ethnography of the Khamti and Elephants in Northeast India, Paris, Muséum national d’Histoire naturelle). On doit penser aussi à d’autres catégories d’animaux moins connus en tant qu’aides efficaces des humains et dont il est difficile de dater l’apprivoisement et l’utilisation par l’homme : les fouines et belettes employées pour chasser les lapins, et les singes, particulièrement certains Cercopithecidae, c’est-à-dire les macaques, seuls primates à l’exception de l’homme à être présents sur plusieurs continents et acclimatés largement au-dessus de la zone intertropicale. On pense ici aux macaques dits « à cocotier « ou « à queue de cochon », Macaca nemestrina, ou, moindrement, à ceux dits « crabiers » ou « à longue queue », Macaca fascicularis ; les deux espèces étant capturées en forêt et dressées, dans la Péninsule malaise, afin d’aider les hommes à récolter les noix de coco difficiles à attraper sur les hauts stipes des cocotiers... (Leslie E. Sponsel, Nukul Ruttanadakul, Poranee Natadecha-Sponsel, 2002, « Monkey business? The conservation implications of macaque ethnoprimatology in Southern Thailand », p. 288-309 in Agustín Fuentes & Linda D. Wolfe (eds) : Primates Face to Face. The Conservation Implications of Human-Nonhuman Primate Interconnections, Cambridge, Cambridge University Press). Mais, probablement, le premier des animaux concernés par une antique coopération et fréquentation de l’homme reste le chien, domestiqué d’après l’apprivoisement du loup sauvage à une époque très ancienne : chien de chasse, de piste ou de collecte de truffes (avec le cochon), de traîneau, de troupeau, de charge, de garde, d’attaque, de protection, de guerre, de police, de douane, d’aide aux aveugles et autres handicapés... (voir les travaux de Jean-Pierre Digard ; et l’ouvrage dirigé par Jean-Pierre Digard, Bernard Denis, Jean-François Courreau : 2006, Le Chien. Domestication, raciation, utilisations dans l’histoire, Paris, n. s. de la revue Ethnozootechnie, 78). Différents exemples de l’étrange et antique coopération entre des animaux particuliers et les humains, offerts dans les conférences proposées cette année, pourront aider à illustrer ce type original d’entraide et donc de relation, pouvant aller jusqu’à ce que l’homme puisse inclure l’animal concerné dans son cercle familial étroit, mais également à alimenter un débat entre public et spécialistes, et entre anthropologues, éthologues, archéologues et praticiens. Et à travers ces relations d’entraide entre certains animaux et les hommes, on peut justement se poser une question des plus importantes qui ressemble à celle relative à l’origine de l’œuf ou de la poule sans s’y confondre car, effectivement, la question doit être posée : ces animaux singuliers qui savent si bien nous seconder avec discernement et loyauté, sont-ils intelligents car issus d’espèces particulièrement dotées en ce domaine ou, au contraire, sont-ils devenus intelligents à notre manière en raison de leur longue et intime proximité avec les humains ?
Le séminaire est dédié cette année non à un ou une savante disparue particulièrement charismatique mais à trois personnes comptant parmi les plus fameux primatologues. Il s’agit ainsi de rappeler d’une part le lien étroit existant entre les anthropoïdes et les hommes, les premiers étant les pas-si-lointains cousins des derniers sur les plans physiologique et paléoanthropologique, et, d’autre part, de remémorer leur proximité certaine dans les attitudes sociales, au moins pour certaines espèces (évitement de l’inceste, utilisation d’outils, dégoût...) et, de ce fait, l’origine absolument animale de l’homme qui copule, enfante et nourrit ses bébés, d’ailleurs comme les autres mammifères avec lesquels il partage, pour certains, d’autres attitudes sociales prétendument purement humaines comme l’amour, la fidélité, la monogamie et l’aide apportée par les plus jeunes aux plus âgés et aux plus faibles comme chez les loups sauvages. Sur ces points, on pourrait, à juste titre, douter de l’homme toujours dépeint par lui-même comme une sorte de super-héros chevaleresque alors que ses actes passés et présents démentent le plus souvent cet idéal revendiqué, et que l’amour total, la loyauté absolue, le dévouement sans fin, l’intelligence généreuse, sans rien attendre de retour, on les trouve finalement surtout chez les animaux, notamment les chiens et les chats, sans exclusive car il existe bien d’autres animaux capables d’un don de soi extraordinaire au quotidien sans en tirer d’orgueil, bien humain, trop humain, au service de l’humanité, qui ne demandent rien de compliqué en échange, à part gîte, soins et couvert, et qui sont susceptibles d’un regard profond chargé d’humilité, d’attachement, de tendresse sinon d’amour...
PROGRAMME DES SÉANCES
1. mercredi 3 février 2027 (MISHA salle Asie 215, 14h-17h30, et en ligne : https://bbb.unistra.fr/b/pie-pzw-qrj-ohy)
« Dévoilement du thème et ouverture du séminaire »
Présentation par Pierre Le Roux et Luc Jallot
« Animaux partenaires : images et figures de la réciprocité entre Europe et Afrique »
Conférence de Luc Jallot (archéologue, maître de conférences, HDR e. r., université Paul Valéry-Montpellier 3, laboratoire Archéologie des Sociétés Méditerranéennes-ASM, UMR 5140 CNRS & univ. Paul Valéry-Montpellier 3, membre de la Société languedocienne de préhistoire)
2. mercredi 10 février 2027 (MISHA salle Asie 215, 14h-17h30, et en ligne : https://bbb.unistra.fr/b/pie-pzw-qrj-ohy)
« Le chat de personne, le chat de tous : chats des rues à Toulouse et Istanbul (Turquie) »
Conférence de Lubna Fiore (étudiante en 1re année de master d’anthropologie, enseignement à distance, à l’université de Strasbourg, licenciée en ethnologie de l’université Toulouse-Jean Jaurès)
3. mercredi 17 février 2027 (MISHA salle Asie 215, 14h-17h30, et en ligne : https://bbb.unistra.fr/b/pie-pzw-qrj-ohy)
« Une coopération mythique : l’ours, ancêtre et double de l’homme »
Conférence de Dominique Pauvert, mythologue, professeur agrégé d’histoire, docteur en histoire de l’art de l’université de Bordeaux III, chercheur associé de la MICA, UR 4426 de l’École doctorale Montaigne-Humanités, université Bordeaux Montaigne)
4. mercredi 10 mars 2027 (MISHA salle Asie 215, 14h-17h30, et en ligne : https://bbb.unistra.fr/b/pie-pzw-qrj-ohy)
« Des plumes et des pensées : regards éthologiques sur la cognition et l’esthétique des oiseaux »
Conférence de Dalila Bovet (éthologue, professeure des universités, université Paris Nanterre, membre du Laboratoire Ethologie Cognition Développement)
5. mercredi 17 mars 2027 (MISHA salle Asie 215, 14h-17h30, et en ligne : https://bbb.unistra.fr/b/pie-pzw-qrj-ohy)
« Des éléphants aux buffles. Formes de coopération et mondes partagés en Asie du Sud-Est »
Conférence de Nicolas Lainé (anthropologue, ethnozoologue, chargé de recherches à l’Institut de recherche pour le développement, membre du laboratoire PALOC, UMR 208-8087 CNRS, Muséum national d’Histoire naturelle, IRD Bangkok)
6. mercredi 24 mars 2027 (MISHA salle des conférences, 14h-17h30, et en ligne : https://bbb.unistra.fr/b/pie-pzw-qrj-ohy)
« La course “Iditarod Trail Sled Dog” (1757 km entre Anchorage et Nome) commémorant depuis 1973 l’exploit du chien de traîneau Balto et ses compagnons en 1925 pour apporter à temps du sérum antidiphtérique à Nome menacée d’une épidémie »
Conférence de Philippe Ricordel, photographe animalier (https://www.philippericordel.com/)
7. mercredi 31 mars 2027 (MISHA, 14h-17h30, salle Asie 215et en ligne : https://bbb.unistra.fr/b/pie-pzw-qrj-ohy)
« Léopards, chiens et oiseaux prophètes : les animaux dans la vie cérémonielle et les représentations symboliques des artisans du métal à Edo (sud-ouest du Nigeria) »
Conférence de Camille Letourneur (doctorant en ethnologie à l’EHESS, sous la codirection de Klaus Hamberger et Thierry Bonnot, membre du LAS, UMR 7130 CNRS & Collège de France, EHESS, EPHE, lauréat 2026 de la Bourse doctorale en ethnologie et archéologie Louise Beyrand & Olivier Toussaint)
8. mercredi 7 avril 2027 (MISHA salle Asie 215, 14h-17h30, et en ligne : https://bbb.unistra.fr/b/pie-pzw-qrj-ohy)
« Moralité du traitement des animaux dans nos sociétés du point de vue de l’animal de compagnie, de l’élevage et de l’expérimentation animale »
Conférence d’Étienne Puyanne (docteur en médecine vétérinaire de l’École nationale vétérinaire d’Alfort, université de Créteil, diplôme universitaire en droit animalier de l’université de Limoges)
9. mercredi 14 avril 2027 (MISHA salle Asie 215, 14h-17h30, et en ligne : https://bbb.unistra.fr/b/pie-pzw-qrj-ohy)
« Avant le chien (et après) : chasseurs-cueilleurs forestiers de Bornéo »
Conférence de Bernard Sellato (ethnologue, directeur de recherche émérite CNRS, laboratoire Centre Asie du Sud-Est-CASE, UMR 8170 CNRS, EHESS & INALCO)
« Commensalité et connivence hommes-animaux. Coopération bilatérale depuis la nuit des temps », synthèse de Pierre Le Roux et Luc Jallot, et débat avec conférenciers et auditeurs
Pierre Le Roux
ethnologue, docteur de l'EHESS, HDR
professeur des universités
membre du SAGE (UMR 7363 CNRS & Unistra)
Institut d’ethnologie, université de Strasbourg,
22 rue René-Descartes 67084 Strasbourg cedex
Programme du séminaire d’anthropologie diachronique (ethnologie et archéologie) université de Strasbourg, université Paul Valéry-Montpellier 3, CNRS, Société languedocienne de préhistoire
3
février
14 avril 2027
14h
17h30
