Camille Letourneur est doctorant en ethnologie et anthropologie sociale à l'Ecole des hautes études en sciences sociales. Il est membre du Laboratoire d'anthropologie sociale (LAS, UMR 7130 CNRS & Collège de France, EHESS, EPHE). Sa thèse est préparée sous la codirection de Klaus Hamberger (anthropologue, directeur d'étude EHESS, membre du LAS) et Thierry Bonnot (anthropologue, chargé de recherche CNRS et membre de l’Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux-IRIS, UMR 8156-U 997, CNRS & EHESS, INSERM, université Sorbonne Paris Nord) : Mémoire, violence et genre par le prisme des spécialistes du métal de Benin City. Étude comparative de la guilde des bronziers royaux, de la guilde des forgerons royaux et des potières (et cuisinières) du royaume historique de Bénin, sud-ouest du Nigeria.
Résumé : Ce projet doctoral propose de ré-explorer certaines questions classiques de l’anthropologie de la mémoire, de la violence et du genre à travers l'étude des métiers du métal à Benin City (sud-ouest du Nigeria) durant une année d'enquête, à compter de novembre 2026, et après un pré-terrain de trois mois, d'août à octobre 2024. Dans cette ancienne capitale de l’ex-empire du Bénin, ces métiers s’incarnent de façon originale. Chargés d’enregistrer dans le bronze les événements historiques que traversait le royaume, les bronziers royaux partagent avec leurs « petits frères » les forgerons royaux, chargés de fabriquer les outils agricoles et militaires, le culte d’Ogun, divinité violente du fer et de la guerre. Organisées comme guildes au sein de la même société du palais, les deux métiers sont quasi-exclusivement masculins tout en présentant, du point de vue du geste technique, de nombreuses similarités avec les techniques féminines de la poterie et de la cuisine. Ce projet entend éclaircir l’imbrication de ces différents complexes – mémoire, violence, genre – par une ethnographie des chaînes opératoires et des interactions sociales caractérisant ces métiers.
Conférence de Camille Senepin (lauréate 2023) :
« L’association de médiums à Huế (Vietnam), un cas unique d’institutionnalisation du culte des Mères (Đạo Mẫu) »
Camille Senepin est doctorante en anthropologie sociale à l’Ecole des hautes études en sciences sociales. Elle est membre du laboratoire Centre Asie du Sud-Est (CASE, UMR 8170 CNRS, EHESS, INALCO). Sa thèse est préparée sous la codirection de Bénédicte Brac de La Perrière (ethnologue, directrice de recherche CNRS, HDR, EHESS) et Paul Sorrentino (anthropologue, maître de conférences EHESS), pour une recherche de terrain au Vietnam : Vers une hégémonie patrimoniale ? Dynamiques politiques et culturelles d'un culte de possession vietnamien vu depuis deux centres périphériques : le Tu Phu à Nam Dinh et Hué.
Résumé : Le culte des Mères au Vietnam (Tín ngưỡng Thờ Mẫu) est devenu patrimoine culturel immatériel de l’Unesco en décembre 2016. Longtemps interdit, il semble regagner en popularité ces dernières années. Pourtant, les recherches concernant ce culte se sont majoritairement déroulées dans la capitale vietnamienne, Hanoi. Comment se donne à voir le culte des Mères en dehors de celle-ci ? Quel impact a eu la patrimonialisation sur les « centres périphériques » ? Les villes de Nam Dinh et Huê, du fait de leur importance au sein du culte, mais aussi de leur relation de la capitale, semblent être toute indiquées pour saisir les dynamiques traversant le culte, les conséquences de la patrimonialisation et la volonté de contrôle qui semble s’opérer depuis la capitale vietnamienne.
Mené sans contrat doctoral donc sans financement propre, le travail de collecte des données au Vietnam pour la thèse en voie d'achèvement de madame Camille Senepin (2023) a été rendu possible, et l'enquête de terrain au Nigeria pour la thèse en cours de monsieur Camille Letourneur (2026) sera rendu possible par l’obtention de la « Bourse doctorale en ethnologie et archéologie Louise Beyrand & Olivier Toussaint », d’un montant de dix mille euros.
Ce prix a permis ou va permettre à ces jeunes chercheurs l’accès à leur terrain lointain pour un séjour long. Après l'évocation de l'origine de la bourse et des conditions de son obtention, et après présentation de leur recherche en cours par chacun des lauréats, le prix 2026 sera remis au nom du bureau et du comité de sélection à la lauréate par la présidente d’honneur, madame Carmen Toussaint, et le président d'honneur, monsieur Jean-Pierre Toussaint.
Les dons sont bienvenus pour assurer la pérennité de la bourse dans les années futures (donateurs privés, mécénat d’entreprise…). Pour rappel, les membres du bureau et du comité de sélection sont bénévoles et ne bénéficient pas non plus de dédommagements, frais de transport, logement ou nourriture, l’intégralité des fonds allant aux seuls candidats (contact bourselbot[at]gmail.com site Internet https://www.bourselbot.fr/).
pour le bureau et le comité de sélection,
le président du comité de sélection
Pierre Le Roux
ethnologue, professeur des universités
membre du SAGE (UMR 7363 CNRS & Unistra)
Institut d’ethnologie, université de Strasbourg,
22 rue René-Descartes 67084 Strasbourg cedex
6e cérémonie de remise de la bourse doctorale en ethnologie et archéologie « Louise Beyrand & Olivier Toussaint »
