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Don

Le terme de don vient du latin donum (« cadeau », « offrande »). De ce fait, si l’on se base sur sa référence latine, le don est un acte qui se veut désintéressé, gratuit et strictement intemporel. Le don est uniquement conditionné par la motivation. Il ne suggère donc en aucun cas un retour de la part de la personne en bénéficiant. Néanmoins, cette dernière peut elle aussi répondre au don par ce que l’on appelle un contre-don.

D'un point de vue sociologique, le don ne constitue en rien un acte d’échange dans la mesure où le receveur n’est nullement tenu d'offrir un contre-don. Par conséquent, le don ne peut rentrer dans un système de commerce. Un bon exemple de système de don et celui de la Kula étudié par B. Malinowski au début du XXe siècle dans les îles Trobriand. Cet échange, qui porte essentiellement sur certains types d’objets - d’une part des colliers (soulava) et, d’autre part, des bracelets de coquillages (mwali) - n’ont de valeur utilitaire, ni décorative, ni économique, mais seulement une valeur cérémonielle et symbolique. En effet, Malinowski a montré que ce type d’échange permet une socialisation de l’individu au sein du groupe, il maintient la paix entre les tribus, il favorise les contacts intertribaux, il constitue une animation dans la vie quotidienne et enfin, il répond aux besoins organiques d’institution qui est propre à chaque individu.

Historiquement, il existe trois sortes de don/contre-don :

  • Le don rituel : il a pour objet d’honorer des puissances (visibles, invisibles, du domaine de l’humanité ou de la surnature) afin d’en obtenir des faveurs (faveurs terrestres, post-mortem; clémence divine, etc.).
  • Le don intercommunautaire : il a pour fonction de garantir les rapports et surtout les bons rapports entre deux (ou davantage) communautés et cela par l’intermédiaire de relations privilégiées.
  • La distinction sociale : dans ce cas, le donateur va tenter de faire reconnaître sa primauté par l’intermédiaire d’une « compétition de don ». C’est le cas du potlatch étudié par M. Mauss. Dans ce cadre de cette pratique culturelle non marchande, l’objet donné détient une certaine valeur en lui-même. Dans ce contexte la valeur du contre-don doit, quant à elle, être égale ou supérieure à celle de l’objet initialement donné.

Le don est en somme une forme de contrat implicite entre deux entités.

Selon Marcel Mauss, le don, lorsqu’il envisagé comme un acte social, implique que le bonheur personnel passe nécessairement par le bonheur d’autrui. Cet acte sous-tend donc des règles : celles du donner/recevoir/rendre. Dans la pensée de Mauss, l’acte fondateur et primordial qu’est le don est une reconnaissance de l’autre comme alter ego. En ce sens, la propriété personnelle est également celle d’autrui. L’acte secondaire, qui est celui de recevoir, comprend non seulement l’acceptation du don, mais également une prise de conscience et une reconnaissance de la valeur du don. Enfin, l’acte tertiaire, celui de rendre, permet d’annuler la valeur du premier acte par une valeur au moins équivalente. Ainsi, cela mène à considérer les objets de l’échange non plus en terme de valeur économique mais en terme de valeur sociale.

Par conséquent, le don se base sur une valeur sociale première : la réciprocité. Le don peut donc être considéré comme un élément pacificateur dans la mesure où il intervient lors de rapports sociaux acceptés librement.

Pistes bibliographiques :

MALINOWSKI B., Les argonautes du Pacifique occidental, Paris, 1922.

MARAIS J.-L., Histoire du don en France de 1800 à 1939. Dons et legs charitables, pieux et philanthropiques, Rennes, 1999.

MAUSS M., Essai sur le don, Paris, 1924.
SCHULTE-TENCKHOFF I., Potlatch, conquête et invasion : réflexion sur un concept anthropologique, Lausanne, 1986.
WASSERMAN M., Le dernier potlatch : les indiens du Canada, Colombie britannique, Paris, Budapest, Torino, 2004.
SOUSBERGHE L. de, Don et contre-don de la vie : structures élémentaires de parenté et union préférentielle, Allemagne, 1986.

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