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Geremia Cometti

Maître de conférences

ContactGeremia Cometti

Faculté des Sciences Sociales
Université de Strasbourg
22 rue René Descartes
67084 Strasbourg cedex

Bâtiment Le Patio
Bureau 5317

Tél : +33 (0)3 68 85 63 70

Courriel : cometti@unistra.fr

Page personnelle

Membre du Laboratoire DynamE (UMR 7367)

 

Responsabilités scientifiques et administratives

  • Membre du Conseil de la faculté des sciences sociales
  • Membre de la Commission scientifique de la faculté des sciences sociales
  • Directeur adjoint de la licence mention « sciences Sociales » parcours « ethnologie »
  • Membre du Conseil d'Unité du Laboratoire DynamE
  • Membre du comité de sélection de la bourse doctorale en ethnologie « Louise Beyrand et Olivier Toussaint »

Séminaires de recherche

Séminaire "ethnologie et archéologies"

Thème de l’année 2018-2019 : « Êtres d’exception . Approche interdisciplinaire et de sciences participatives »


Programme du séminaire


Coordonné par Pierre Le Roux (professeur d’ethnologie) et Geremia Cometti (maître de conférences en ethnologie)

Comité d’organisation : Geremia Cometti, Pierre Le Roux, Bernard Moizo (directeur de recherche IRD), Roger Somé (professeur d’ethnologie), Valéry Zeitoun (directeur de recherche CNRS)

Assistants : Romain Denimal, Marc-Emmanuel Grandgeorge et Bryan Nemec (étudiants en master d’ethnologie de l’université de Strasbourg)

En partenariat avec l’Association d’ethnologie de l’université de Strasbourg pour l’enregistrement et la mise en ligne sur Youtube des conférences

dédié à Dimitri Karadimas 

À la mort d’André-Leroi-Gourhan, professeur au Collège de France, en 1985, Alain Testart, anthropologue directeur de recherche au CNRS, fut l’un des rares à poursuivre en France la fructueuse et difficile collaboration entre archéologie, notamment préhistorique, ethnologie et anthropologie. C’est pourquoi le « séminaire d’ethnologie et de préhistoire » a été créé en 2014, montrant une large ouverture sur l’archéologie préhistorique suivant l’exemple montré par André Leroi-Gourhan et Alain Testart. En 2016, il s’est ouvert à la paléoanthropologie et, résolument interdisciplinaire, s’est prolongé d’une approche de sciences participatives avec l’intervention de personnes issues de la société civile comme c’était le cas naguère avec les sociétés savantes qui relayaient et parfois dépassaient, les complétant toujours, les institutions académiques et universitaires.

L’organisation comme l’intitulé du séminaire ont donc été modifiés. En 2016, il a pris le nom de « Séminaire ethnologie et archéologies » et est aujourd’hui dirigé par Geremia Cometti (maître de conférences en ethnologie, Institut d’ethnologie, université de Strasbourg, laboratoire Dynamiques européennes, UMR 7367 CNRS & Unistra), Pierre Le Roux (professeur d’ethnologie, Institut d’ethnologie, université de Strasbourg, laboratoire Sociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe, UMR 7363 CNRS & Unistra), Bernard Moizo (socio-anthropologue, directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement, directeur du GRED ou Gouvernance, Risque, Environnement, Développement, UMR IRD & Université Paul Valéry-Montpellier 3), Roger Somé (professeur d’ethnologie, Institut d’ethnologie, université de Strasbourg, laboratoire Dynamiques européennes, UMR 7367 CNRS & Unistra), Valéry Zeitoun (paléoanthropologue, directeur de recherche au CNRS, membre du Centre de recherche sur la paléobiodiversité et les paléoenvironnements-CR2P, UMR 7207 CNRS & Muséum national d’Histoire naturelle, université Paris 6, Sorbonne universités, université Pierre et Marie Curie).

En 2014, le thème du séminaire a été « Des animaux pour les dieux, les morts et les ancêtres : la pratique du sacrifice animal ». Celui de l’année 2015 fut « Le sauvage et le domestique ». Le thème choisi pour l’année 2016 fut « La mondialisation, d’hier et aujourd’hui ». Celui de l’année 2017 fut « Sociétés et êtres d’exception », focalisant sur des groupes humains et des individus exceptionnels, élites ou parias, admirés ou méprisés, remarquables et remarqués, maîtrisant un savoir particulier ou laissés à l’écart des groupes sociaux majoritaires. Par le biais d’une approche interdisciplinaire, adultes surdoués, inventeurs, chefs, rois, grands hommes, chamanes et guérisseurs parmi d’autres ont ainsi été le riche objet d’étude du séminaire. Cependant, dans l’histoire de l’humanité il y eut également des êtres d’exception non humains qui ont eu et continuent d’avoir une forte influence sur les sociétés humaines.

Le séminaire pour l’année 2018 aura donc pour thème « Êtres d’exception non humains ». Il s’agira d’élargir la réflexion entamée l’année précédente à des entités non humaines mais dotées d’un esprit, d’une âme, d’une intentionnalité, d’une subjectivité et d’autres propriétés « internes » analogues à celles des êtres humains. Philippe Descola appelle « intériorité » cette gamme de propriétés reconnues par tous les êtres humains (Par-delà nature et culture, Paris, Gallimard, 2005). Bien évidemment, selon les groupes d’humains et de non-humains abordés, toutes les entités non humaines ne sont pas dotées systématiquement de telles propriétés et, parmi celles qui possèdent effectivement tout ou partie de ces qualités, il en existe de plus remarquables que d’autres. Autrement dit, au sein de collectifs regroupant entités humaines et non humaines, il existe également des êtres d’exception non humains. Le séminaire s’intéressera donc ainsi durant l’année 2018 non seulement à des plantes, des arbres, des montagnes ou des animaux réels ou allégoriques mais également à des ancêtres, des divinités, des génies du sol, des hauts lieux sacrés, voire à des objets importants, tels les masques ou les statues, qui peuvent jouer un rôle prépondérant sinon exceptionnel dans la vie de ces collectifs.

Le « Séminaire ethnologie et archéologies », à thème annuel, comporte 24 heures réparties en 8 séances de 3 heures. Il se déroule audurant le premier semestre universitaire à raison de 3 séances mensuelles, le vendredi après-midi, de 14h à 17h (dates et salles récisées en début d’année universitaire), sur le campus Esplanade de l’université de Strasbourg. Il accueille chercheurs, enseignants-chercheurs, docteurs, doctorants, étudiants de niveau master (toutes disciplines) et est ouvert aux étudiants de licence et au public cultivé dans la limite des places disponibles. Le séminaire accueille successivement dans ses séances soit deux intervenants extérieurs soit, le plus souvent – première innovation pédagogique – un intervenant « senior », chercheur ou enseignant-chercheur, puis un intervenant « junior », chercheur hors-statut, doctorant ou étudiant de master prometteur afin de permettre à de jeunes chercheurs de se lancer dans la discussion académique en présentant leurs premiers travaux à l’aune critique de leurs aînés. Deuxième innovation pédagogique : reprenant le principe adopté dès 2015 et reconduit annuellement depuis, une équipe d’étudiants volontaires en début d’année universitaire, constituée d’un étudiant par niveau (licence sciences sociales 2e année, licence sciences sociales parcours ethnologie 3e année, master ethnologie 1re année, master ethnologie 2e année), et coordonnée par un chef d’équipe nommé par les organisateurs, suit la totalité des séances du séminaire et en présente publiquement la synthèse critique dans les mêmes conditions que les conférenciers invités lors des séances habituelles. Cette formule plaît aux étudiants qui l’ont expérimentée en 2015 et 2016, tant en ce qui concerne les intervenants que les auditeurs, car il s’agit d’un exercice en conditions réelles de prise de parole académique en public, et donc d’une excellente initiation à la recherche.

Axes de recherche

Dans les Andes péruviennes, les questions liées au changement climatique et à l’extraction minière sont hautement controversées et politisées. Sur ce qu’il est convenu d’appeler désormais le « changement climatique », les discours des communautés andines diffèrent clairement de ceux que tiennent les Organisations internationales (OI), l’État péruvien et les Organisation Non Gouvernementales (ONG). Il en va de même pour l’exploitation des ressources non-renouvelables, comme l’or et le cuivre. Ainsi, un nombre croissant de mouvements autochtones andins mènent des actions contre les projets miniers. Ces manifestations ne sont pas simplement l’expression du refus d’une exploitation de leurs ressources, mais plutôt une réaction contre la mise en danger d’un élément non humain, qu’il s’agisse d’une montagne, d’un lac ou d’une rivière, tous conçus comme des membres du collectif.

À travers un travail ethnographique dans la région andine de Cuzco, mes recherches proposent de comment les communautés andines conçoivent et réagissent à la double menace du changement climatique et du secteur extractif en considérant les relations qu’ils entretiennent avec certaines entités non humaines entendues ici comme de véritables acteurs sociaux dotés d’intentionnalité et de volonté. Mes recherches visent donc à analyser au travers d’un questionnement d’ordre ontologique, comment les communautés andines interagissent avec les entités non humaines et comment elles font face au changement climatique et à l’expansion du secteur extractif. Cette approche met en lumière les limites des notions dites ‘modernes’ lorsqu’elles sont confrontées aux ontologies autochtones qui différent des dualismes typiques des mondes occidentaux.

Publications

Ouvrages

2015 : ‘Lorsque le brouillard a cessé de nous écouter’ Changement climatique et migrations chez les Q’eros des Andes péruviennes, Bern, Berlin, Bruxelles, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien : Peter Lang. 244 p.

2010 : « Réchauffement climatique et migrations forcées : le cas de Tuvalu », eCahiers de l’Institut, 5, Genève, Graduate Institute Publications, 87 p.

Documentaires ethnographiques

2018 : « Il Signor di Quyllurit'i », Iceberg Film, (avec Emanuele Fabiano, Cristian Terry et Ulysse Mathieu)

Articles à comité de lecture

2017 : « Est-il possible de faire le portrait d’un migrant ? Dilemmes anthropologiques », Terrains, Portraits, Rubrique électronique, (avec Jean-Baptiste Eczet).

2014 : « La ‘energía vital’ y el retorno a la comunidad », Dossier « Arte tradicional y mirada surandina », Allpanchis, 77-78, p. 305-339, (avec Nathalie Santisteban)

Chapitres dans ouvrages collectifs

2018 : « Changement climatique et crise des relations de réciprocité dans les Andes péruviennes. Les Q’eros et l’Anthropocène », in Rémi Beau, Catherine Larrère (dir.), Penser l’Anthropocène, Paris : Presses de SciencesPo, p. 235-247.

Autres publications

2017 : « Autodestruction », Dossier « Les sens de la maison », Sensibilités. Histoire, critique & sciences sociales, 2, p. 88-91, (avec Jean-Baptiste Eczet).

2015 : « The necessity for an ethnographic approach in Peru », Special issue, « Climate change, disaster and displacement », Forced Migration Review, 49, p. 14.

2015 : « Climate change and the crisis of reciprocal relations among the Q’eros (Cuzco, Peru) », Notes from the Field, University College London (UCL) – Centre for the Anthropology of Sustainability (CAOS).

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