Présentation de la collection ethnographique

Installée depuis 2008 dans le bâtiment de la Maison Interuniversitaire des Sciences de l’Homme d’Alsace (MISHA), la collection ethnographique de l’Université de Strasbourg n’est présentée au public qu’à l’occasion des expositions temporaires réalisées par le Département d’ethnologie et par les étudiants en muséologie.

Acquise dès les années soixante, la Collection, riche d’un ensemble de 350 objets d’origine africaine et malgache, regroupe trois fonds :

  • La collection Lebaudy-Griaule
    Cédée au Département d’Ethnologie en 1963 par l’industriel Jean Lebaudy, elle fut réunie lors de la mission scientifique Niger-Lac Iro (1938-1939) menée par le célèbre ethnologue Marcel Griaule.
  • La collection Léon Morel
    Donnée au Département d’ethnologie en 1967, elle fut constituée dans la période de 1908-1932 par Léon Morel, artisan missionnaire à l’hôpital de brousse du Dr. Schweitzer.
  • La collection Pierre Malzy
    Constituée par l’ingénieur agronome Pierre Malzy au cours des années 40 et 50, elle regroupe des objets techniques, des jouets et des prélèvements botaniques. L’ensemble est confié au Département d’Ethnologie en 1991.

Un certain nombre d’objets provient également de collectes menées par des étudiants et professeurs du Département d’ethnologie dans le cadre de leurs enquêtes en terrain extra-européen.

Roger Somé
Gaëlle Weiss

Installée depuis 2008 dans le bâtiment de la Maison Interuniversitaire des Sciences de l’Homme d’Alsace (MISHA), la collection ethnographique de l’Université de Strasbourg est présentée au public lors des expositions temporaires réalisées par le Département d’Ethnologie et les étudiants en muséologie. Elle regroupe principalement trois fonds collectés dans la première moitié du XXe siècle et offerts à l’université à des fins d’étude.

L’intérêt de ces objets ethnographiques est double : d’une part, ils présentent une importance historique et épistémologique pour l'anthropologie de l'art et de la culture matérielle et, d'autre part, ils constituent un intérêt heuristique et pédagogique pour la muséologie. Car, dans les recherches qui portent sur la Collection, il ne s'agit pas seulement de s'intéresser au lieu d'origine géographique des objets, mais bien aussi de comprendre la motivation de leurs auteurs et de leurs collecteurs.

Formant ainsi plusieurs ensembles, ces témoins des cultures matérielles extra-européennes permettent d'explorer des questions à la fois ethnologiques et muséographiques, lesquelles intéressent les professeurs et les étudiants, mais également les professionnels des musées.
D’un point de vue ethnologique et anthropologique, la Collection porte le témoignage de sociétés qui, à une période donnée de leur existence, ont façonné et utilisé cette « culture matérielle ». La spécificité de cet ensemble tient à sa forte proportion d’objets du quotidien et techniques.
Dans une perspective épistémologique, elle illustre les préoccupations qui ont marqué l'ethnologie au cours du XXe siècle et atteste des méthodes de terrain propres à chacun de ses courants de pensées. L’absence d’informations à l’égard du contexte de collecte de certains objets est en ce sens significatif car si ces renseignements n’ont pas été jugés utiles d’être recueillis c’est qu’ils reflètent la pratique d’une certaine ethnographie et le rapport particulier de l’ethnologue avec son terrain.
Pour le domaine muséographique, ces objets constituent un témoignage unique sur l’histoire du goût des collecteurs et collectionneurs de la première moitié du XXe siècle et, ce faisant, sur les différentes significations qui leurs furent prêtées (« objet témoin » et œuvre d’art). Par conséquent, cette collection constitue un outil notoire pour tenter de comprendre, à travers l'histoire de ses différents fonds, la démarche de ceux qui nous ont précédés.

Aujourd’hui, cette collection suscite encore bien des interrogations. La publication du catalogue des objets révèle combien il est difficile de réunir l’ensemble des informations nécessaires à leur inventaire.
Néanmoins, si tout objet est le dépositaire d'une pluralité de significations, ce qui se joue dans l’étude de ces objets, au-delà de la connaissance de leur parcours, n’est-ce pas davantage les motivations, les incertitudes et les espoirs des différents acteurs de cette collection ?

Roger Somé
Gaëlle Weiss